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Saturday, December 10, 2011

Rosa Parks, une femme battante


 – 14 MARS 2010
Rosa Parks, avec Martin Luther King dans son ombre...En 1865, le Président Lincoln abolit l’esclavage. C’est la fin de la guerre civile américaine,  et le début d’une nouvelle ère pour les afro-américains.  En 1870, grâce au XVIe amendement,  ces derniers obtiennent enfin le droit de vote. Cependant, les mentalités n’évoluent pas rapidement : une nouvelle série de lois votées dans les États du Sud (les lois Jim Crow), limitent leurs droits dans de nombreux domaines.  Même si les esclaves sont dorénavant libres aux yeux de la loi, ils ne continuent pas moins à être opprimés par les groupuscules racistes comme le très puissant Ku Klux Klan..
L’époque de la ségrégation raciale, dont l’idéologie hypocrite du  « séparés mais égaux », commence. Les noirs profitent des mêmes services que les blancs : ils peuvent en théorie vivre comme les blancs, prendre le bus, accéder aux soins… Mais dans les faits les services qui leur sont proposés sont d’une qualité bien moindre. Ces inégalités sociales sont entérinées par la Constitution américaine en 1896 à la suite de l’affaire « Plessy contre Ferguson », qui institue légalement la ségrégation.
Dès les années 50, les militants des mouvements pour les droits de l’Homme luttent sans relâche pour faire abroger les lois qui découlent de la philosophie du « séparés mais égaux ». Parmi eux, Rosa Parks.
Rosa Louise McCauley est née en  1913 et a grandi dans l’Amérique ségrégationniste : Elle raconte, dans son autobiographie, avoir vu défiler le cortège du Ku Klux Klan devant chez ses parents alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle épouse en 1932 Raymond Parks, un membre du NAACP (Association Nationale pour l’avancée des droits des personnes de couleur). Elle en devient membre à son tour, en tant que secrétaire, dès 1943, pas tant par conviction que par timidité, comme elle l’avoue elle-même : « J’étais la seule femme, ils avaient besoin d’une secrétaire, et j’étais trop timide pour oser dire non ».
Une reconstitution photographique du geste héroïque de Rosa ParksAu début des années 50, Rosa Parks vit à Montgomery, dans l’Alabama, et travaille en tant que caissière dans un magasin. Pour se rendre à son travail, elle prend quotidiennement le bus. L’Etat d’Alabama est particulièrement ségrégationniste, et si les noirs sont autorisés à monter dans les mêmes bus que les blancs, les places assises à l’avant des véhicules sont exclusivement réservées aux blancs. Le premier décembre 1955, elle monte dans le bus et paie son trajet, comme tous les jours. Mais cette fois-ci, elle s’assied au premier rang et refuse de céder sa place aux passagers blancs. Le chauffeur du bus est contraint d’appeler la police car Rosa Parks, déterminée, reste assise. Elle passera la nuit en prison, et sera condamnée à une amende pour son acte subversif.
Elle n’est pas la première afro-américaine à se conduire de la sorte. Mais E.D. Nixon, l’élu local de l’association de Rosa Parks, sent bien que son acte pourrait avoir une portée toute autre. Il organise un boycott massif de la ligne de bus de Montgomery. Le retentissement est immense  dans tout le pays. Les groupes racistes répondent avec violence, attentant à la vie de Martin Luther King et de E.D. Nixon. Le boycott de Montgomery est une des mobilisations les plus importantes menée aux États-Unis, et les historiens s’accordent pour dire qu’il a favorisé la montée en puissance de Martin Luther King. Rosa Parks perd son travail à la suite de son arrestation, mais son geste courageux marque un tournant dans l’Histoire des droits des afro-américains aux USA, dont elle demeure un symbole.
Autobiographie de Rosa ParksUne biographie analyse très récente de Rosa ParksThe bus ride that changed history, un album destiné aux enfants pour les sensibiliser à l'histoire de Rosa Parks
Dernière modification: 26 février 2011

Friday, December 9, 2011

Néfertiti, la belle reine égyptienne


 – 28 AVRIL 2010
« La-Belle-est-venue », telle est la signification de Néfertiti. Cette reine mystérieuse a bercé l’imagination des grands égyptologues mais aussi des plus grands écrivains. Néfertiti, reine dont on ignore l’origine, a régné aux côtés d’Akhenaton. Décrit comme frêle et peu viril, hypothétiquement à cause d’une maladie génétique, ce dernier a marqué l’antiquité égyptienne par ses réformes, notamment religieuses. Il est le premier a avoir imposé une religion monothéiste en Égypte : il persécute les croyants et supprime le droit de culte des Dieux de l’époque.
Cette image est loin de celle de « l’Égypte idéale » qui est souvent l’image que l’on retient de leur règne conjoint. Les deux époux délocalisent leur palais pour s’installer dans une cité nouvelle, afin d’assoir leur autorité et surtout de bien marquer la rupture avec les dynasties précédentes. Néfertiti a 17 ans lorsqu’elle devient l’épouse royale d’Akhenaton… qui lui en a 12. Elle s’occupe beaucoup de lui et de ses affaires (il ne semble pas, pour l’heure, avoir un intérêt très prononcé pour la chose politique…)
Leur histoire d’amour est finalement une histoire enfantine… qui prend définitivement fin 12 ans après leur union : la situation entre les deux époux devenait de plus en plus tendue, chacun ayant réussi à fédérer des clans ennemis. Akhenaton quitte Néfertiti et rentre à Thèbes, la laissant toute seule dans leur cité nouvelle, au beau milieu du désert. C’est à ce moment là que le règne d’Akhenaton commence à chanceler… Néfertiti aura donné 6 filles à son mari. Cela n’était pas spécialement déshonorant à l’époque, mais le fait de ne pas avoir engendré de « mâle » empêchera sa dynastie de survivre…

Les conditions de la séparation des époux et de leur décès restent très floues. Leurs sarcophages n’ont jamais été retrouvés et certains spécialistes pensent qu’ils ont été brûlés, ce qui est le symbole suprême du rejet de leurs actions par le peuple, même si l’instauration du monothéisme n’a, dans les faits, pas été respecté par la population égyptienne qui a continué à vénérer les mêmes dieux… aux dépends d’Aton.
Ils laissent cependant derrière eux une révolution artistique : une représentation plus fantastique de la vie égyptienne, plus naturaliste aussi, avec la présence constante du thème de la nature. Même si les deux tentatives, religieuses et artistiques, de se démarquer de l’Égypte « classique » ne sont guère fructueuses car elles disparaissent dès leur chute du trône, Néfertiti, grâce à ses magnifiques bustes est belle et bien la reine immortelle… Et demeure une figure fantasmagorique mais aussi mystérieuse.
Dernière modification: 19 novembre 2010

Edith Piaf, l’incarnation de la chanson française


 – 31 MAI 2010

Quelle entreprise ambitieuse que de raconter le récit de la vie d’Édith Piaf… Car il s’agit bel et bien d’une vie hors norme, presque extraordinaire, que cette petite parisienne a vécu…
Édith Giovanna Gassion ne vient pas d’une famille ordinaire : son père, artiste de cirque, et sa mère, chanteuse de rue, lui transmette sûrement leur amour du spectacle. Mais il ne lui transmette guère d’amour parental…
Son père, en 1915, est à la guerre. Sa mère ne peut s’occuper d’elle. La petite Édith est confiée à sa grand-mère maternelle, une ivrogne qui vit dans des conditions misérables. L’avenir s’éclaircit un peu pour Édith lorsque son autre grand-mère, tenancière d’une maison-close, la prend sous son aile. Effectivement, ce n’est pas une vie conventionnelle… Édith est apparemment choyée pendant cette période heureuse de sa vie, où elle est le centre de l’attention.
Dans l’entre deux guerres, Édith accompagne son père de cirques itinérants en spectacles de rue. Elle le quitte en 1930, à l’âge de 15 ans, pour chanter. Deux ans plus tard, elle accouche d’une petite Marcelle qui ne survivra que deux ans… Elle est repérée dans la rue par un gérant de cabaret, qui lui donne sa chance. C’est lui qui lui donnera son célèbre pseudonyme de la « Môme Piaf », qui lui collera à la peau jusqu’à sa mort. Elle commence à être de plus en plus à l’aise et à chanter des chansons originales, composées pour elle par ses amis. Son premier album est un succès immédiat et la propulse sur le devant de la scène. Ce bonheur n’est que de courte durée puisque son mentor est retrouvé assassiné par la pègre, ce qui salit la réputation d’Édith et qui la ramène à nouveau sur les trottoirs parisiens.


Ce revers de fortune n’est que de courte durée car elle remonte assez rapidement sur les planches des cabarets, retrouvant sa popularité presque instantanément. Édith, désormais « Édith Piaf » ne tremble pas sous l’occupation allemande et n’hésite pas à chanter la résistance, et à héberger elle-même des artistes juifs.




La première chanson qu’elle compose, « La Vie en Rose » est un succès incroyable, et ce dans le monde entier. Édith Piaf acquière une dimension internationale, elle devient une immense star. Son amant de l’époque, le boxeur Marcel Cerdan, meurt dans un accident d’avion, qu’il prenait pour la retrouver. Encore une fois, Édith n’est pas épargnée et pour noyer sa souffrance (qui est aussi physique car sa santé est chevrotante), elle se noie dans la morphine.
La période noire de la fin de sa vie, marquée par de nombreux amours et sa dépendance à la morphine, l’est aussi par ses prestations mythiques à l’Olympia. Édith devient définitivement une légende internationale, par sa vie digne d’un roman sombre mais aussi et surtout par son talent inouï, qui fait que l’on fredonne encore ses chansons…
Dernière modification: 7 mars 2011

Carrie, une adolescente comme les autres


 – 9 JUIN 2010
En apparence, Carrie White est une adolescente comme les autres. Elle vit avec sa mère, Magaret, à Chamberlain, dans le Maine, au milieu des années 70. Seulement voila, Carrie est un peu différente, et n’est pas vraiment heureuse.
La première responsable est sans aucun doute sa mère, une chrétienne fondamentaliste radicale qui lui inculque des valeurs rétrogrades et culpabilisantes. Carrie White aime beaucoup sa mère, et prend très à cœur ses croyances. Du coup, elle est un peu perdue dans son lycée, dans ce monde qui a l’air un peu fou, un peu trop libéré, et où elle est le souffre-douleur de sa génération. Il faut dire que l’adolescence est un âge impitoyable, où les humiliations sont quotidiennes.
Carrie est coincée entre ces deux univers, et lorsqu’ils rentrent en collision, elle en est la première victime. Carrie a ses premières règles, dans les douches, après un cours d’éducation sportive. Pour sa mère, le sang est le signe que le malin, le démon, a pris possession du corps d’une femme, et s’il on suit sa logique macabre, il est normal qu’elle n’ait jamais parlé à sa fille des changements que son corps allait connaitre. Ainsi, lorsque Carrie voit le sang couler entre ses cuisses, elle est effondrée, terrorisée, et croit mourir. A sa terreur s’ajoute vite l’incompréhension de voir ses camarades de classe, dégoutées et hilares, lui jeter au visage des tampons et des serviettes hygiéniques.

Malheureusement pour ces derniers, Carrie White n’est pas une jeune fille comme les autres. Carrie a un don, celui de déplacer les objets par la pensée. Carrie a le don de télékinésie.




Vous l’aurez sans doute compris, nous sommes ici dans une fiction, dans le premier roman de l’écrivain américain Stephen King, le livre Carrie, qui aura lancé la carrière incroyable d’un des plus grands écrivains populaire d’Amérique du Nord, notamment grâce à l’adaptation cinématographique particulièrement réussie de Brian de Palma et l’interprétation géniale de Sissy Spacek.
Carrie White, malgré ses dons surnaturels, est bel et bien une adolescente comme les autres, et c’est là ce qui rend ce livre si fort. Qui n’a jamais connu les humiliations, les déceptions amoureuses ou la rancœur de l’adolescence? On a tendance, et c’est une erreur, à réduire l’ »âge ingrat » aux changements du corps. L’adolescence, comme Stephen King le montre avec brio, est surtout une époque d’une violence rare qui est d’autant plus intolérable que les adultes n’y prêtent pas attention. Ces adultes sont vexés de ne plus comprendre les codes et les conventions d’une époque définitivement révolue pour eux; ils sont vexés parce qu’ils se rendent compte qu’ils ont vieilli.
Pour préserver le plaisir de la découverte, nous ne parlerons pas plus de l’intrigue de Carrie. Mais cette figure féminine hors du commun mérite d’accéder à la postérité comme l’égal des grandes figures tragiques comme Antigone ou Médée. Des femmes qui n’étaient pas faites pour le monde dans lequel elles vivaient et qui pourtant en incarnaient mieux que quiconque les enjeux.

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Dernière modification: 26 février 2011

Wednesday, December 7, 2011

Mary Stuart, reine des écossais


PAR 

Mary Stuart est, parait-il, la « Marie » qui a fait le plus couler d’encre et à qui on a consacré le plus d’ouvrages, même devant la Vierge Marie! Il est compréhensible que la vie de Mary Stuart, fascinante et tragique, ai pu attirer un aussi grand nombre d’historiens et de romanciers, ou même de néophytes comme moi.
Mary, d’ascendance française par sa mère et écossaise par son père, nait en 1542. Sa naissance fait la joie de sa mère, qui a déjà perdu deux de ses fils. En revanche, son père, le roi d’Écosse Jacques V est connu pour avoir accueilli la naissance de sa fille avec cette phrase célèbre : « It came with a lass, it will pass with a lass! » (« [Le royaume d'Écosse] est venu avec une fille, il s’en ira avec une fille« ). 6 jours après, le roi meurt, laissant à la petite Mary son trône…
Dans ce climat de guerre entre l’Écosse et l’Angleterre, mais aussi entre l’Angleterre et la France, les deux pays ayant le même ennemi se sont rapprochés naturellement. Les manipulations politiques ne faisaient que commencer : après que Mary ai servi de prétexte à l’Angleterre et l’Écosse pour s’allier, elle en est finalement un obstacle. Sa mère, régente, préfère la marier avec François, dauphin de France, afin de côtoyer au plus près le pouvoir. Les fiançailles avec François (fils de d’Henry II et de Catherine de Médicis) furent acceptée à certaines conditions : que Mary soit immédiatement séparée de sa mère (qui devait continuer la régence en Écosse) et envoyée en France, mais également que les français puissent occuper des forteresses stratégiques en Écosse…
Déjà de bonne constitution et bien éduquée, Mary devient presque savante en France : elle se passionne pour la poésie française, les maniement des chiffres, de la religion catholique et l’étude en latin des plus grands philosophes. Elle est très coquette et se veut toujours à la mode : sa collection de bijoux et de robes demeure fabuleuse. Mary Stuart revendique dès alors la couronne d’Angleterre qui devrait lui revenir de droit. Effectivement, la prétendante à la couronne d’Angleterre, Marie « La Sanglante » Tudor est considérée comme la dernière descendante vivante à Henri VIII. Cependant, Élisabeth, sa fille, illégitime pour les catholiques (le pape n’ayant jamais reconnu le divorce de Henry VIII avec sa première femme, et donc son second mariage avec la mère d’Élisabeth) ne l’entend pas de la même façon : c’est elle qui montera sur le trône, laissant Mary Stuart de côté.




Bien que mariée à François, elle ne demeurera pas Reine de France pendant très longtemps puisque ce dernier meurt très rapidement de maladie. Dès que son deuil est achevé, Mary retourne en Écosse, où elle est un peu déboussolée par des mœurs qu’elle ne connait plus. Fervente catholique, elle est pourtant très proche de Jacques, son demi-frère protestant et très actif politiquement. Elle se marie très rapidement, avec son cousin germain, Henry Stuart, qui, faible et manipulé, mène un complot pour assassiner le secrétaire privé de Mary devant ses yeux afin, entre autres, de provoquer un avortement (Mary était à la fin de sa première grossesse). Mary commence à fréquenter le Comte de Bothwell, peu avant la mort de son mari, Henry Stuart, retrouvé étranglé. L’opinion public de l’époque montre souvent le Comte du doigt, et l’accuse d’être le meurtrier de Henry Stuart… Mary ne fait rien pour contredire cette rumeur, pire, elle la nourrit en épousant aussitôt le Comte de Bothwell (officiellement sous la menace.) Pour calmer le jeu, Mary Stuart est arrêtée et enfermée pendant un an par des nobles de la Cour. Enceinte, elle y perd des jumeaux, et abdique également en faveur de son fils d’un an.
Pleine de ressource, Mary s’enfuit de sa prison avec une petite armée pour se réfugier en Angleterre, mais Élisabeth avait déjà eu vent des derniers évènements ayant eu lieu cour d’Écosse. Élisabeth souhaitait cependant se montrer clémente dans un premier temps et n’ordonna pas son exécution. Elle la fit enfermer pendant 18 ans dans une prison dorée, avant de finalement prendre la décision de l’exécuter, les rumeurs concernant son renversement n’en finissant jamais. L’on dit d’ailleurs que ces rumeurs auraient été lancées par des ennemis de Mary Stuart, la voulant enfin exécutée une bonne fois pour toute. Jusqu’à sa mort, la vie de Mary a été tragique : à moitié nue et aux yeux de tous, son exécution par un bourreau ivre, qui n’est pas parvenu à l’achever du premier coup de hache, reste dans les mémoires.
Mary Stuart est aujourd’hui une figure historique largement étudiée par les artistes romantiques et fascine toujours autant…
Dernière modification: 7 mars 2011

Alexandra David-Néel, la grande exploratrice


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On entend très souvent parler des grandes découvertes au masculin : Christophe Colomb-ci, Vasco de Gama-ça… Bon, d’accord, Alexandra David-Néel n’a peut-être pas découvert le Nouveau Monde mais c’est pourtant un personnage qui mérite d’être découvert immédiatement.
Alexandra semble avoir vécu 10 vies, ce qui peut entre autre s’expliquer par son incroyable longévité : 101 ans! Mais pas seulement. Grande voyageuse, tibétologue, journaliste, féministe, chanteuse d’opéra, anarchiste, penseuse, amie du grand géographe Elisée Reclus, exploratrice… Elle a tout fait, et elle semble avoir tout vécu.
Dès son plus jeune âge, Alexandra s’enfuit : elle fugue constamment pour s’éloigner de son éducation catholique stricte, de ce milieu bourgeois dans lequel elle est élevée, de l’ennui constant dans lequel elle a l’impression de vivre. Sa soif de liberté est telle qu’à l’âge de 17 ans, nourrie des lectures philosophiques antiques, elle s’enfuit sans le sou jusqu’au bord du Lac Majeur. Sa mère viendra la récupérer quelques jours plus tard. Mais… cela ne calme pas ses ardeurs pour autant : un an plus tard, en 1886, Alexandra s’enfuit encore. En Bicyclette. De Bruxelles. Pour visiter l’Espagne! En passant par la Côte d’Azur, le Mont St Michel… Elle veut vivre le voyage en tant que tel, et non pas seulement se déplacer d’un point à un autre, philosophie qui ne la quittera pas. A sa majorité, elle part pour Paris et Londres, où elle fréquente des sociétés secrètes, les milieux anarchistes et féministes mais aussi son mentor, le géographe Elisée Reclus, premier géographe social et fondateur de la géographie dite « moderne ».
Dans les années 1890, Alexandra tombe amoureuse au cours d’un voyage. Elle tombe amoureuse, et ce pour toujours, de la magie de l’Inde, de la musique tibétaine, des couleurs et des senteurs de l’Himalaya… Entre deux voyages, elle se marie avec Philippe Néel, autre grand voyageur, puis le quitte : Alexandra ne peut pas devenir femme au foyer… Ils resteront cependant meilleurs amis, en témoigne leur très abondante correspondance.
Alexandra est la première européenne a avoir séjourné à Lhassa. Pendant 14 ans, elle parcourt aussi le Japon (dont elle ne garde pas un bon souvenir : le pays est trop peuplé!), elle traverse la Chine, la Mongolie, le désert de Gobi… C’est cependant en France qu’elle s’établit, à Digne, dans les Pré-Alpes. Digne devient son fief, d’où elle écrit, médite, et contemple le ciel, peut-être pas aussi pur que celui de l’Himalaya. Elle donne des centaines de conférences à travers l’Europe. Elle repart en voyage à l’âge de 62 ans, pour prendre le fameux Transibérien à Moscou et arriver en plein milieu de la guerre sino-japonaise où les bombardements et les épidémies font rage. Pendant 10 ans, elle erre en Chine avec Yondgen, son fils adopté 20 ans auparavant et son compagnon de voyage. Elle rentre enfin à Digne pour continuer à écrire, à explorer la nature et… à camper dans les montagnes au début de l’hiver, alors qu’elle a 82 ans.




Elle demande même le renouvellement de son passeport à la préfecture, à l’âge de 101 ans… peu avant sa mort.
Alexandra David-Néel : une femme à l’esprit aventureux mais aussi une grande savante, qui ne demande qu’à être découverte encore et encore…
Merci au site www.alexandra-david-neel.org !

Dernière modification: 7 mars 2011

Les Amazones, des femmes guerrières


PAR 

Les Amazones font rêver, font même fantasmer, sont également les héroïnes de plusieurs films (de plus ou moins bonne qualité)… L’Amazone est, à mon avis, un des mythes antiques qui fascine le plus.
Le mythe des amazones ne naît pas de nulle part, et comme pour beaucoup de mythes antiques qui sont inspirés de faits réels, les amazones sont inspirées d’un peuple guerrier, les scythes, vivant au bord de la Mer Noire. Les amazones apparaissent pour la première fois dans la littérature dans l’Illiade d’Homère et elles ont survécu à la chute de l’Empire Romain. La légende veut que les amazones, peuple de la Cappadoce (actuelle région turque) tuent leurs enfants naissant avec le sexe masculin, (ou pire?) elles les rendent aveugles afin de les asservir dans leur communauté.

Elles montent le cheval à califourchon, elles portent des épées, boucliers, arcs et l’on dit même que certaines amazones se coupent le sein droit pour pouvoir mieux viser à l’arc… Les amazones sont redoutables et sont destinées à être guerrières : de nombreux héros se sont frottés à elle : Héraclès, Achille, Thésée… sans forcément les vaincre. Elles sont le sujet de nombreuses pièces remarquables : poteries, peintures, gravures… On estime qu’il reste de nos jours au moins 5 000 œuvres grecques les évoquant.
D’un point de vue historique, les amazones seraient dans les faits une société matriarcale, qui, au lieu de tuer leurs enfants mâles, les confieraient à leurs pères pour pouvoir prendre soin et défendre la tribu. Les grecs ont toujours redouté mais aussi méprisé cette population où l’on autorisait les femmes à guerroyer comme les hommes. Étant donné que les premières mentions des amazones dans la littérature sont grecques, on pourrait penser qu’il y a eu une « légère » prise de partie… Des fouilles archéologiques récentes ont été réalisées près de la frontière russe et ont exhumé des tombes de femmes guerrières, enterrées avec leurs armes. Les amazones ne sont donc pas une légende…
Dernière modification: 7 mars 2011